Les CJE demandent un moratoire de 15 mois

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CARLETON-SUR-MER – Dans un communiqué émis à la fin de la semaine dernière, le Carrefour Jeunesse emploi Avignon Bonaventure joint sa voix à celle du Collectif autonome des CJE du Québec, qui demande un moratoire de 15 mois au gouvernement.

"Dans le cadre des mesures d’austérité du gouvernement Couillard, de nouvelles orientations ont été énoncées par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. François Blais, pour les Carrefours jeunesse-emploi. Or, cette véritable transformation de l’environnement administratif des Carrefours, qui entrerait en vigueur en avril 2015, aura un impact catastrophique si elle est maintenue", selon les CJE.

Les principaux éléments de transformation souhaités par le gouvernement consistent à remplacer le mode de subvention à la mission des Carrefours par le mode « entente de services » dans le cadre des services d’aide à l’emploi (SAE), à restreindre la clientèle desservie aux jeunes âgés de 18 à 35 ans (et non plus de 16 à 35 ans) et à desservir prioritairement les jeunes prestataires de l’aide financière de dernier recours et les jeunes admissibles à l’assurance-emploi.

« Ces orientations risquent de compromettre directement les conditions de succès des Carrefours jeunesse-emploi, dont la mission universelle vise l’amélioration des conditions de vie des 16-35 ans, sans discrimination, souligne Ronald Ménard, coordonnateur du Carrefour jeunesse-emploi Avignon-Bonaventure. Actuellement, chaque jeune, peu importe son statut – assisté social, jeune entrepreneur, étudiant, jeune professionnel, chômeur, travailleur saisonnier, jeune immigrant, etc. – a accès aux services du Carrefour de façon gratuite et volontaire. »

Une expertise unique…

Depuis 17 ans, grâce à son autonomie de gestion et d’orientation, le Carrefour jeunesse-emploi Avignon-Bonaventure a développé une expertise unique et bien adaptée aux jeunes 16-35 ans au sein de ses équipes de travail assure le coordonnateur. « Aucun service ou programme de l’État n’a la capacité de rejoindre les jeunes adultes avec autant de pertinence et de résultats que les Carrefours!, affirme M. Ménard. Chez nous, les jeunes ont accès, en un seul lieu, à une diversité de services et à un accompagnement professionnel adapté à leurs besoins. Sans prétention, avec tous les témoignages des jeunes, nous pouvons même affirmer que nous avons contribué, avec notre mission et nos partenaires, à stabiliser le solde migratoire dans les MRC d’Avignon et de Bonaventure. »

D’après M. Ménard, les nouvelles modalités imposées démontrent une profonde méconnaissance des jeunes de 16-35 ans en 2014 de la part du gouvernement, de même qu’une vision réductrice de leurs besoins et réalités. « Ces modalités indiquent que tout le travail de prévention et de persévérance scolaire auprès des 16-17 ans n’existe plus, déplore le coordonnateur. Comment le ministre peut-il laisser pour compte des milliers de jeunes en région parce qu’ils ne sont pas des clientèles prioritaires? La capacité de mobiliser des jeunes est déjà un défi quotidien pour nos équipes de travail, le ministre risque de créer une rupture de contact envers plusieurs d’entre eux. »

Alors que plusieurs partenaires du Carrefour subissent d’importantes coupures et d’autres, comme  les centres locaux de développement, sont carrément éliminés, celui-ci dénonce le comportement du gouvernement. Le Carrefour invite d’ailleurs la population à dénoncer à son tour ce qu’il qualifie d’instrumentalisation insidieuse de nos organisations à des fins politiques, et à démontrer son appui au Carrefour en devenant adepte de la communauté Facebook « Mon CJE, j’y tiens! ».

« Saborder notre mission, c’est réduire notre action auprès des jeunes. Au nom de milliers de jeunes de nos communautés, nous demandons au ministre de refaire ses devoirs pour préserver l’accès à nos services pour l’ensemble des 16-35 ans, peu importe leur statut. Et pour ce faire, nous lui proposons, de concert avec le Collectif autonome des Carrefours jeunesse-emploi du Québec, de tenir un moratoire de 15 mois », conclut M. Ménard.

Depuis 1995, il existe 110 Carrefours jeunesse-emploi au Québec.

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