Réactions à la fermeture de l'École internationale d’été de Percé

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PERCÉ – Le Conseil de la culture de la Gaspésie ainsi que le député de Gaspé Gaétan Lelièvre ont réagi aujourd'hui, par communiqué, suite à l'annonce de la fermeture définitive de l'École internationale d’été de Percé de l'Université Laval.

"Depuis plus de 10 ans, des artistes d’ici et de partout au Québec avaient l’occasion de suivre des cours d’art de haut niveau grâce à l’Université Laval, et ce, dans un lieu riche en histoire et en création; la Villa Frederick- James", soutient-on dans le communiqué du Conseil de la culture qui rapporte que, depuis 5 ans, une moyenne annuelle de deux gaspésiens s’inscrivaient soit à un cours de maîtrise en art, à une résidence ou à un séminaire.

"Plusieurs membres du Conseil de la culture de la Gaspésie ont profité de cette manne, sans compter les artistes professionnels et les étudiants de l’extérieur. La proximité du lieu et le professionnalisme des formateurs et de l’offre apportaient énormément de prestige à la communauté de Percé, attrait dont profitait toute la région, précise le Conseil de la culture en déplorant que "cette fermeture s’ajoute à toutes les coupures que subit la région depuis l’automne dernier". Le Conseil de la culture se dit inquiet des répercussions sur le travail des artistes et sur le message qu’envoient les institutions face au développement des arts et de la culture en région.

Pour sa part, le député de Gaspé et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales et de développement des régions, M. Gaétan Lelièvre, s’insurge contre la fermeture de cette institution, conséquence directe selon lui des compressions budgétaires imposées par le gouvernement libéral au réseau universitaire québécois, ainsi que du manque d’intérêt à l’égard de régions comme la Gaspésie.
 
« La fermeture de cet établissement universitaire constitue un affront supplémentaire à notre région, qui subit présentement des attaques sur tous les fronts de la part du gouvernement libéral. Après les nombreuses pertes subit en regard de nos leviers de développement socioéconomique locaux et régionaux (conférences régionales des élus, centres locaux de développement, carrefours jeunesse-emploi et conseils d’administration des CSSS), la perte de près de 15M$ de budget dédié spécifiquement au développement de notre région, voilà que c’est autour de la MRC de Rocher-Percé de perdre une institution universitaire d’importance ayant formé jusqu’à ce jour plus de 900 étudiant(es). Voilà un autre résultat  des coupures mur à mur et irrationnels du gouvernement libéral » a déclaré Gaétan Lelièvre.
 
« L’éducation est une condition essentielle à l’atteinte d’un niveau satisfaisant de développement économique et social d’une région. Les compressions effectuées dans le secteur collégial et universitaire par le ministère de l’Éducation affectent directement le Cégep de la Gaspésie et des Îles et l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec à Grande-Rivière, en plus d’entraîner la fermeture de l’École internationale d’été de Percé de l’Université Laval » a ajouté le député de Gaspé.
 
"Comment la Gaspésie peut-elle espérer relever les nombreux défis auxquels elle fait face si le gouvernement poursuit cette charge virulente envers les régions?", s'interroge le député en guise de conclusion.

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Source : Conseil de la culture de la Gaspésie et député de Gaspé Gaétan Lelièvre



2 commentaires

JOHN MICHAUD a écrit le 20 février 2015

Ecole internationale d'été de l'Université Laval à Percé Une fermeture à la hauteur de la médiocrité et de l'économie de bout de chandelle.(une nouvelle que l'on a tendance à oublier trop rapidement) (je partage un courriel transmis à une amie découragée de cette décision) J’étais au courant de cette fermeture depuis déjà 4 semaines environ. Pour plusieurs ici, en Gaspésie, c’est la désolation de voir une université avec ses grands principes, ses prétentions et son prestige à vouloir rayonner en région et à l’international; voir cette grande université effarouchée à la moindre menace du régime Couillard, c’est honteux ! Notre seul et unique fleuron universitaire en Gaspésie (à temps partiel) depuis la naissance du Québec s’envole comme ça, après 10 ans; comme le faux prophète ou le phénix, bizarrement il ne renaitra pas de ses cendres. Les régions en mal de développement ou fragilisées par les fausses promesses des centres de décision, en ont vu bien d’autres dans le passé. C’est comme une mauvaise blague épuisée, comme le laisse entendre Marquez dans Cent ans de solitude,…il fait la démonstration du passage circulaire du temps... ! Pas surprenant ! Mais les 20 dernières années ont été encore plus difficiles (moratoire et fermeture d’usines de pêche, Murdochville, le cuivre, Chandler et New-Richmond, le bois, transport ferroviaire, autobus Orléans, etc…) Ensuite on parle de dévitalisation. Il est clair que cette déstructuration régionale est encouragée par les bêtises décisionnelles des institutions centralisées, à mon avis: des gouvernements,des institutions et organismes gouvernementaux et les entreprises, parlons-en, dont les sièges sociaux sont dans les grandes capitales ou métropoles . Ils migrent selon les va-et vient des opportunités politiques et les hauts et des bas "boursiers". Actuellement, je crois en fait que plusieurs institutions centralisées profitent de la vague d’austérité pour faire leurs ventes de garage; une pratique opportuniste permettant de diriger le blâme vers le gouvernement actuel qui prêche comme une dictature sous l’emblématique discours de la démocratie, en ciblant les régions vulnérables, comme une sorte de prise d’otage pour une économie de bout de chandelle. On s’en lave les mains comme pourraient le dire nos recteurs les plus doués. La ressource n’y est plus, on ferme…comme nos gouvernements, nos entreprises qui ont fermé nos villages, nos terres agricoles, vidé nos mers, nos forêts, notre sous-sol, et bientôt l’exploitation d'un pétrole loin des concentrations urbaines parce que moins de contestation et moins d’électeurs, etc… Ensuite on quitte les régions en les laissant avec les effets collatéraux d’une exploitation sauvage; départ bien motivé surtout lorsque les marchés et le financement ne sont plus au rendez-vous. Voilà ! Nous étions fiers de cette École internationale d’été de Percé et nous étions fier de l’Université Laval.

Marie-Eve Tessier-Collin a écrit le 13 février 2015

Il y a beaucoup plus que 2 Gaspésiens par années qui s'inscrivaient aux cours. Je m'y inscrivaient moi-même, à chaque année, et à chaque fois, il y avait au moins un autre Gaspésien dans le cours en plus de ceux inscrits aux autres semaines de cours. Je dirais donc plutôt 10 en moyenne ? Je suis surprise des chiffres du conseil de la culture (c'est peut-être le nombre de places subventionnées par eux ?). C'est une annonce tragique pour le milieu artistique, culturel et touristique. Irremplaçable. En tant qu'artiste, c'était l'une des rares occasions annuelles (sinon la seule) de participer à une formation de haut niveau en création et de partager avec d'autres artistes d'un peu partout dans la province, Je vis un deuil profond depuis l'annonce.

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