Sport

Dépassement de soi : William Roussy, ou le para-badminton pour passeport

Par Roxanne Langlois, journaliste, graffici.ca
William s'entraîne et dispute ses matchs avec intensité, mais son sport reste un jeu pour lui.

William s'entraîne et dispute ses matchs avec intensité, mais son sport reste un jeu pour lui. Photo : Roxanne Langlois

MARIA , juillet 2019- Un jeune Gaspésien se taille actuellement une place enviable sur la scène internationale en para-badminton. À mille lieues de laisser son handicap le freiner, William Roussy se surpasse désormais… aux quatre coins du monde ! 

Si ses membres gauches sont partiellement paralysés en raison d’une hémiparésie, le sportif de 15 ans n’a définitivement pas l’intention de s’imposer des limites. « Pour moi, ça ne change rien du tout », lance-t-il, confiant. 

Le Marien débute à cinq ans à frapper des volants de badminton dans la cour arrière de la résidence familiale.  Membre de l’équipe de son école primaire à sept ans, il en a dix lorsqu’il se joint aux Dragons de l’école secondaire Antoine-Bernard, équipe au sein de laquelle il évolue toujours.  

C’est lorsqu’il est convié à tenter l’aventure du para-badminton, en janvier 2018, que son parcours prend une toute nouvelle direction. Il est alors bien loin de se douter qu’il se hissera, l’année suivante, au 28e rang mondial dans la version adaptée de son sport. 

Voyager pour jouer 

Les compétitions de para-badminton s’enchaînent en 2018. En avril, l’adolescent est sélectionné sur l’équipe du Québec, ce qui lui ouvre la porte du Championnat canadien de Vancouver. Le Gaspésien est toutefois vite confronté à une situation particulière : il est le seul compétiteur de sa catégorie au Canada. « Il n’avait pas le choix de sortir du pays pour aller jouer », résume sa mère, Nadia Bouchard.  

Les Championnats panaméricains de para-badminton du Pérou, en novembre 2018, seront déterminants pour la suite ; il y décroche la médaille de bronze. « C’est ce qui a tout fait débouler. C’est pour cette raison-là, d’après moi, qu’il est maintenant sur l’équipe du Canada […]. Ça ne s’était jamais vu qu’un athlète y soit ajouté en cours d’année », mentionne son père, Georges Roussy. 

Lorsqu’on lui demande quel est le moment le plus marquant vécu jusqu’ici grâce à sa nouvelle discipline, c’est cette troisième marche du podium qui vient immédiatement en tête du joueur.  

Lors de sa rencontre avec Graffici, le jeune homme vient tout juste de rentrer d’une compétition à Ottawa. « J’ai joué contre le troisième meilleur joueur au monde, celui qui a gagné le tournoi. J’ai beaucoup appris », s’exclame-t-il, tout sourire. William est très compétitif sur le terrain, mais pour lui, le badminton demeure d’abord un jeu.  

Un « monde d’adultes » 

Si le joueur peut évoluer dans ce « monde d’adultes » aux côtés d’athlètes plus vieux que lui, c’est que ses parents ont accepté de l’y accompagner. Ceux-ci ne s’attendaient néanmoins pas à une telle tournure des événements. « C’est vraiment spécial de voir les choses évoluer aussi rapidement. Avant, on trouvait ça loin, aller à une compétition à Rivière-du-Loup », admet sa mère en riant. 

Si ce nouveau mode de vie implique beaucoup d’adaptation pour la famille, les parents sont enchantés de voir leur fils aîné ainsi se développer. « C’est vraiment valorisant pour lui de faire ça. C’était difficile de dire non », admet Mme Bouchard. Tous deux professeurs, elle et son conjoint supportent l’athlète, d’un naturel très discipliné, sur le plan scolaire lors de ses déplacements. 

Ils rappellent que c’est notamment grâce au soutien de la communauté que William a jusqu’ici pu poursuivre son rêve. La municipalité de Maria et l’école secondaire Antoine-Bernard, qui lui ouvrent les portes de leurs gymnases, sont également d’une aide précieuse, l’athlète consacrant pas moins de huit heures par semaine à l’entrainement. 

Un rêve paralympique 

Athlète d’excellence au Québec, William Roussy souhaite désormais parfaire son jeu. Lorsque questionné quant à ses objectifs, il laisse tomber, avec une simplicité désarmante, cette réponse : « être champion d’Amérique ». Décrocher ce titre lui donnerait en effet l’opportunité d’entrevoir une participation aux Jeux paralympiques, son rêve ultime. « J’ai des croûtes à manger », ajoute l’adolescent.  

D’ici là, de nombreuses aventures l’attendent, son programme de para-badminton des prochains mois étant pour le moins chargé. Une compétition en Irlande, un retour au Pérou, un séjour en Suisse et un tournoi au Japon sont, entre autres, au menu. 

2 commentaires

candy crush soda a écrit le 11 août 2019

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the impossible quiz a écrit le 6 août 2019

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